Naufrage du vaisseau Le Superbe, sur l'Ile de Paros le 15 décembre 1833.
Sur près de 29 ans de carrière maritime, 12 sont déclarés «à la mer en guerre» ou «en captivité.»
Sources: http://www.archeosousmarine.net/ et http://paroslife.parosweb.com/Le Superbe est poussé entre Tinos et Mykonos, ses voiles se déchirent. Le vaisseau dégarni voit Paros, mais ne parvient pas à rejoindre le port fortifié de Naoussa. Il est emporté jusqu’à Parikia, dont il n’a pas de cartes précises. Le mât de beaupré se brise, tuant un matelot. Puis un autre mât casse. Le 15 décembre, vers 16 heures, le navire, mouillé sur deux ancres, par une erreur du pilote [grec] qui avait lancé sans ordre celle de tribord, et ballotté par d’énormes vagues, talonne un rocher. Il gîte à bâbord, la carène défoncée et menace de se briser en deux. Le commandant d’Oysonville fait preuve d’un grand courage: il harangue ses hommes paniqués, leur interdit de quitter le bord avant que ne soit trouvé un moyen sûr d’abandonner le navire et menace d’exécuter les récalcitrants. Il fait tirer quatre coups de canon pour ameuter les villageois. Témoin du drame, le consul britannique, Petros Mavromatis, évoque «des vagues monstrueuses». Un second-maître d’équipage, Guigoux, accepte malgré cela de tenter de rejoindre la terre à la nage pour chercher du secours. Il y parvient, mais la tempête est trop brutale pour mettre des caïques à la mer. Le commandant ordonne alors de lancer des filins attachés à des barils vides, en espérant que le vent les pousse vers la côte pour qu’on puisse tracter le navire. L’idée échoue, comme la tentative d’un officier, Maisonneuve, de tirer un câble avec un canot. Finalement, la grande chaloupe est mise à la mer au prix d’énormes efforts. Elle emmène environ 120 hommes, mais se casse en accostant. Des radeaux de fortune en sauvent chacun une soixantaine d’autres. Et un pêcheur grec héroïque réussit à faire quatre allers et retours avec son caïque, sauvant ainsi une centaine de matelots de plus. Les quelque 150 derniers marins devront leur salut, le 17 décembre, au retour subit du beau temps. L’agent consulaire Condilly (Nicolas Kondylis) coordonne efficacement l’aide aux naufragés: la France le remerciera en le nommant à vie. Hormis le marin écrasé par la chute du mât de beaupré, seules huit victimes sont à déplorer, toutes noyées pour avoir tenté de s’en sortir par leurs propres moyens. Les neuf corps sont enterrés près de la rive, au cap Delphini. Le commandant d’Oysonville fut acquitté par le conseil de guerre qui eut à juger de sa conduite, à l’unanimité, après la plaidoirie du capitaine de corvette Baudin, à Toulon, le 7 mars 1834. Il fut même fait Commandeur de la Légion d'Honneur.
Charles-Théodore Beauvais (dir.), Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français depuis les temps les plus reculés jusques et compris la bataille de Navarin, par une société de militaires et de gens de lettres, t.22: 1805-1806, Paris, C. L. F. Panckoucke, (BNF36378831, lire en ligne), p.147.
Charles-Théodore Beauvais (dir.), Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français depuis les temps les plus reculés jusques et compris la bataille de Navarin, par une société de militaires et de gens de lettres, t.22: 1805-1806, Paris, C. L. F. Panckoucke, (BNF36378831, lire en ligne), p.147.
Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1: 1671-1870, Toulon, J.-M. Roche, , 591p. (ISBN2-9525917-0-9, lire en ligne), p.27.
Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1: 1671-1870, Toulon, J.-M. Roche, , 591p. (ISBN2-9525917-0-9, lire en ligne), p.40.
Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1: 1671-1870, Toulon, J.-M. Roche, , 591p. (ISBN2-9525917-0-9, lire en ligne), p.13.
Naufrage du vaisseau Le Superbe, sur l'Ile de Paros le 15 décembre 1833.
Sur près de 29 ans de carrière maritime, 12 sont déclarés «à la mer en guerre» ou «en captivité.»
Sources: http://www.archeosousmarine.net/ et http://paroslife.parosweb.com/Le Superbe est poussé entre Tinos et Mykonos, ses voiles se déchirent. Le vaisseau dégarni voit Paros, mais ne parvient pas à rejoindre le port fortifié de Naoussa. Il est emporté jusqu’à Parikia, dont il n’a pas de cartes précises. Le mât de beaupré se brise, tuant un matelot. Puis un autre mât casse. Le 15 décembre, vers 16 heures, le navire, mouillé sur deux ancres, par une erreur du pilote [grec] qui avait lancé sans ordre celle de tribord, et ballotté par d’énormes vagues, talonne un rocher. Il gîte à bâbord, la carène défoncée et menace de se briser en deux. Le commandant d’Oysonville fait preuve d’un grand courage: il harangue ses hommes paniqués, leur interdit de quitter le bord avant que ne soit trouvé un moyen sûr d’abandonner le navire et menace d’exécuter les récalcitrants. Il fait tirer quatre coups de canon pour ameuter les villageois. Témoin du drame, le consul britannique, Petros Mavromatis, évoque «des vagues monstrueuses». Un second-maître d’équipage, Guigoux, accepte malgré cela de tenter de rejoindre la terre à la nage pour chercher du secours. Il y parvient, mais la tempête est trop brutale pour mettre des caïques à la mer. Le commandant ordonne alors de lancer des filins attachés à des barils vides, en espérant que le vent les pousse vers la côte pour qu’on puisse tracter le navire. L’idée échoue, comme la tentative d’un officier, Maisonneuve, de tirer un câble avec un canot. Finalement, la grande chaloupe est mise à la mer au prix d’énormes efforts. Elle emmène environ 120 hommes, mais se casse en accostant. Des radeaux de fortune en sauvent chacun une soixantaine d’autres. Et un pêcheur grec héroïque réussit à faire quatre allers et retours avec son caïque, sauvant ainsi une centaine de matelots de plus. Les quelque 150 derniers marins devront leur salut, le 17 décembre, au retour subit du beau temps. L’agent consulaire Condilly (Nicolas Kondylis) coordonne efficacement l’aide aux naufragés: la France le remerciera en le nommant à vie. Hormis le marin écrasé par la chute du mât de beaupré, seules huit victimes sont à déplorer, toutes noyées pour avoir tenté de s’en sortir par leurs propres moyens. Les neuf corps sont enterrés près de la rive, au cap Delphini. Le commandant d’Oysonville fut acquitté par le conseil de guerre qui eut à juger de sa conduite, à l’unanimité, après la plaidoirie du capitaine de corvette Baudin, à Toulon, le 7 mars 1834. Il fut même fait Commandeur de la Légion d'Honneur.